Faire avec l'IA · Cycle 2 · Épisode 09
Ce qui se répète
Certaines tâches reviennent chaque semaine, presque à l'identique : un mail de relance, un compte rendu d'atelier. Repérer ce qui revient et en faire un gabarit réutilisable fait gagner du temps sans rien complexifier. Tu n'as pas besoin d'un agent pour un mail type — tu as besoin d'un gabarit.
Le problème
Certaines tâches ne changent presque jamais dans leur structure : le mail de relance à une entreprise, le compte rendu d'un atelier collectif, la réponse type à une question fréquente. Et pourtant, chaque semaine, on repart d'une page blanche — on retape, on réexplique, on refait le même travail de mise en forme.
Ce n'est pas un problème d'IA. C'est un problème de répétition non repérée : tant que personne n'a isolé ce qui change de ce qui reste fixe, chaque occurrence coûte le même temps que la première.
En Mission Locale, ça donne ce genre de scène : un conseiller relance chaque semaine trois ou quatre entreprises après un stage, et rédige à chaque fois un mail depuis zéro — alors que 90 % du texte est identique d'une fois sur l'autre.
Tu n'as pas besoin d'un agent. Tu as besoin d'un gabarit.
La méthode
Trois gestes simples, dans cet ordre :
Repérer, dans une tâche qui revient, ce qui ne change jamais (la structure, le ton, les formules de politesse) et ce qui change à chaque fois (le nom, la date, un détail précis).
Transformer la partie fixe en modèle réutilisable, avec des trous clairement marqués à remplir à chaque occurrence — rangé dans un espace persistant, pas recollé à chaque fois.
Automatiser une tâche répétitive, ce n'est pas construire un système complexe : c'est repérer ce qui se répète, et arrêter de le refaire à la main à chaque fois. Un gabarit à trous, posé une bonne fois dans un espace de contexte durable (voir Contextualiser), suffit pour la grande majorité des tâches récurrentes d'un métier d'accompagnement.
L'atelier
Situation : tu envoies régulièrement des mails de relance à des entreprises après le stage ou l'entretien d'un jeune. Transformons ce mail en un vrai système, en trois maillons.
Voici trois mails de relance entreprise que j'ai déjà envoyés : [coller 2 ou 3 exemples réels]
Compare-les et identifie ce qui reste identique d'un mail à l'autre (structure, formules, ton) et ce qui change à chaque fois (noms, dates, détails du stage). Présente le résultat en deux colonnes : « fixe » et « variable ».
Point de contrôle : la colonne « variable » ne contient-elle vraiment que ce qui change ? Si une phrase entière varie sans raison claire, c'est peut-être un signe qu'il n'y a pas encore de vrai modèle derrière — retravaille avant de continuer.
À partir de la partie « fixe » ci-dessus, rédige un gabarit de mail de relance entreprise, avec des trous clairement marqués entre crochets pour chaque élément variable (nom, date, poste, détail du stage). Le gabarit doit rester correct même si je ne remplis qu'une partie des trous.
Point de contrôle : range ce gabarit dans un espace persistant (Projet, instructions personnalisées, fichier de référence — voir Contextualiser), pas dans une conversation qui va disparaître.
Écris-moi une check-list de 4 à 5 points à vérifier avant d'envoyer un mail rédigé à partir de ce gabarit : des points qui évitent l'erreur bête (mauvais destinataire, trou oublié, date fausse, nom mal orthographié).
Point de contrôle final : le gabarit fait gagner du temps sur la forme — la check-list garantit que tu relis quand même le fond avant d'envoyer. Un système qui dispense de vérifier n'est pas un bon système.
Le revers
Le risque inverse : construire un système pour une tâche qu'on n'a pas encore faite plusieurs fois à la main, ou pour une tâche trop rare pour le justifier. Un gabarit mal réglé pour une tâche qu'on ne maîtrise pas encore reproduit les mêmes erreurs, en plus vite.
Une règle simple : moins d'une fois par semaine, on n'automatise pas. En dessous de ce seuil, le temps passé à construire le gabarit dépasse souvent le temps qu'il fera économiser. Et automatiser ne dispense jamais du jugement — c'est le même risque que celui décrit dans Garder son cerveau : un gabarit qui tourne tout seul, sans relecture, finit par déléguer une décision qu'on n'a pas vraiment prise.
Automatiser un peu, c'est isoler ce qui revient d'une tâche, en faire un gabarit à trous rangé dans un espace persistant, et garder une check-list de contrôle avant chaque envoi. Pas d'agent, pas de système complexe : un mail type suffit, tant qu'on ne l'automatise pas avant de le maîtriser à la main.
« Tu n'as pas besoin d'un agent. Tu as besoin d'un gabarit. »
Repères
Vérifie ce que tu as retenu
24 questions sur cet épisode, réparties en 3 niveaux de 8. QCM et Vrai/Faux mélangés — choisis ton niveau.
Pour aller plus loin
Le Règlement Général sur la Protection des Données est une loi européenne qui protège vos informations personnelles depuis mai 2018.
Le RGPD vous donne le contrôle sur vos données personnelles. Toute entreprise qui collecte vos informations (nom, email, téléphone, localisation, historique de navigation…) doit respecter des règles strictes.
1. Droit d'accès — Demander à une entreprise quelles données elle a sur vous 2. Droit de rectification — Corriger des infos fausses ou incomplètes 3. Droit à l'effacement ("droit à l'oubli") — Demander la suppression de vos données 4. Droit à la portabilité — Récupérer vos données dans un format lisible 5. Droit d'opposition — Refuser l'utilisation de vos données pour du marketing 6. Droit à la limitation — Geler temporairement l'utilisation de vos données 7. Droit à l'information — Être informé clairement de ce qu'on fait de vos données 8. Droit de ne pas faire l'objet d'une décision automatisée — Un humain peut intervenir
Quand vous utilisez une IA (ChatGPT, Claude, Gemini…), vos conversations sont envoyées sur des serveurs. C'est pourquoi : • Ne partagez JAMAIS de vrais noms, adresses, numéros de téléphone • Anonymisez vos documents avant de les coller (CV, lettres…) • Les IA européennes (Mistral) stockent vos données en Europe • Les IA américaines (ChatGPT, Claude) transfèrent vos données aux USA